En 2025, Anne-Isabelle Dionne et Joël Monzée ont publié deux articles (conditions psychosociales et causes médicale à explorer) alors qu’en 2026, un troisième article synthétisant le modèle développé par Joël Monzée en neurosciences appliquées à la santé mentale, exposait plus 55 problématiques pouvant induire des symptômes associés au TDAH. Ces articles remettaient en question le modèle explicatif dominant du TDAH, à savoir un trouble mental d’origine génétique, pour encourager une approche intégrative du traitement des symptômes. Cela ne veut pas dire que la médication doit être proscrite, mais qu’elle ne peut pas remplacer de saines habitudes de vie ou l’importance autant des facteurs de protection que les déterminants de la santé mentale.
Pour Joël Monzée, la santé intégrative appliquée à la santé mentale repose sur une compréhension globale et multifactorielle de la personne, dépassant la simple gestion des symptômes par la médication. Elle postule que les fonctions physiologiques, neurologiques, psychosociales et environnementales sont strictement interdépendantes. Par exemple, des facteurs tels que l’état du microbiote, le stress toxique, les traumas infantiles complexes ou les habitudes de vie influent directement sur le système nerveux central et la manifestation de troubles psychiatriques, dont l’anxiété, la dépression et le TDAH.
Au printemps 2026, le ministère de la Santé et des Services sociaux, par l’entremise de son ministre responsable des Services sociaux, a lancé une vaste consultation publique intitulée «Vers une vision renouvelée, intégrée et cohérente en matière de santé mentale, itinérance et dépendance».
Face aux limites du système de soins actuel, marqué par l’engorgement, la fragmentation des actes professionnels et une dépendance accrue aux solutions pharmacologiques, cet appel à mémoires invite experts, organisations et citoyens à proposer des solutions novatrices. C’est en réponse directe à cette sollicitation que s’inscrit la contribution de Joël Monzée. Son travail vise à nourrir la réflexion gouvernementale en proposant un modèle transdisciplinaire axé sur la santé intégrative, afin d’assurer des soins préventifs, adaptés et pérennes face à la complexité des troubles mentaux et psychiatriques contemporains.
C’est dans ce contexte que ce mémoire a été déposé au ministre Lionel Carmant, responsable des Services sociaux pour proposer des solutions pragmatiques dans l’intervention auprès des personnes affectées par des conditions psychiatriques. Le texte, rédigé par Dr Joël Monzée, dresse un constat critique des limites du système de santé québécois en matière de santé mentale et propose une restructuration profonde de l’offre de soins. L’auteur souligne que bien que la longévité des Québécois soit élevée, ils entrent dans le réseau de santé 15 ans avant leur décès — contre 5 ans pour les Scandinaves —, révélant une surmédicalisation précoce et un manque d’efficacité préventive.
Le docteur en neurosciences utilise notamment le traitement du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de la dépression comme exemples d’une approche monodisciplinaire défaillante. La hausse marquée des prescriptions de psychotropes chez les jeunes témoigne d’un modèle trop axé sur la réduction rapide des symptômes. Or, les tests psychométriques actuels évaluent des comportements sans en discriminer les origines physiologiques ou psychosociales. L’auteur et ses collaborateurs ont identifié des dizaines de causes médicales et environnementales (déséquilibres du microbiote, inflammation, exposition aux moisissures, stress toxique, traumas d’enfance) pouvant générer des symptômes identiques à ceux du TDAH ou de la dépression sans découler d’un déficit biologique primaire en neurotransmetteurs.
Face aux limites corporatistes et au cloisonnement des actes réservés par les ordres professionnels, le mémoire préconise d’évoluer vers la transdisciplinarité. Dans ce modèle, les professionnels (médecins, psychologues, intervenants sociaux, physiothérapeutes) ne travaillent plus en silos, mais partagent une vision commune et intégrée. L’évaluation diagnostique doit devenir multifactorielle et considérer l’ensemble des déterminants de la santé pour éviter de maintenir les patients dans une dépendance médicamenteuse prolongée. Le document accorde également une place centrale au concept de santé mentale positive, à la prévention et à l’alliance thérapeutique. La relation humaine, basée sur l’écoute et la bienveillance, est reconnue comme un facteur neurophysiologique déterminant pour réduire le stress toxique et favoriser la résilience.
Concernant l’application de la Loi P-38 et l’hospitalisation forcée, Joël Monzée appelle à privilégier la désescalade et des soins de proximité axés sur la prévention. Pour concrétiser cette transformation, l’auteur attribue un rôle clé aux CLSC, qui devraient redevenir les organisateurs de proximité pour la prévention, les stratégies de désescalade et le soutien communautaire. Il interpelle également l’INESSS et l’INSPQ pour qu’ils mettent à jour les guides de pratique et soutiennent une évaluation scientifique proportionnée des approches complémentaires.
De plus, il suggère une réforme de la régulation professionnelle et l’intégration de la santé intégrative dans la formation continue des soignants. En conclusion, le mémoire appelle à moderniser les soins en conciliant rigueur scientifique, souplesse institutionnelle et humanisme clinique afin de redonner au patient son autonomie globale.
Signé par Joël Monzée, ce mémoire expose les valeurs et les fondement de la santé intégrative qui implique d’abord une évaluation initiale rigoureuse pour déterminer la cause réelle des symptômes plutôt que de s’appuyer uniquement sur la fréquence de comportements mesurée par des tests psychométriques.
Sur le plan clinique, elle favorise l’utilisation de stratégies non pharmacologiques, la prévention et l’éducation aux saines habitudes de vie avant ou en complément de la prise de psychotropes.
Enfin, elle exige le passage d’une simple multidisciplinarité à une véritable transdisciplinarité, où les professionnels travaillent de concert autour du patient, en replaçant la bienveillance, la relation thérapeutique et l’autonomie durable de la personne au cœur du parcours de soins.
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