Psychiatrie intégrative: une lecture intégrée des symptômes du TDAH

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On associe les symptômes du TDAH à un trouble neurodéveloppemental d'origine génétique, mais il est clair désormais que 51 autres problématiques psychosociales et médicales peuvent générer les même symptômes. Signé par Joël Monzée, cet article dresse un bilan des connaissances actuelles, ouvrant la porte à une manière contemporaine d'évaluer et d'intervenir en santé mentale. C'est désormais l'heure de considérer la psychiatrie intégrative pour mieux répondre aux besoins des patients.

En 2025, Anne-Isabelle Dionne et Joël Monzée ont publié deux articles (premier article traitant des conditions psychosociales et deuxième article explorant les causes médicales à considérer dans une évaluation différentielle) exposant quelque 52 problématiques pouvant induire des symptômes associés au TDAH. Ils avaient introduit notamment le concept de TDAH-Like. En effet, la théorie consensuelle affirme que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental d’origine génétique. Considérant cette théorie, mais aussi les 51 autres causes des symptômes, cela veut dire qu’il faut distinguer le TDAH de ce qui lui ressemble, à savoir le TDAH-Like.

Ce n’est pas juste une question théorique ou sémantique. C’est une question de jugement clinique et d’orientation du plan de traitement. Par exemple, un rapport de 2023 du CIRANO montrait que les tests psychométriques ne disposaient pas de validité clinique, ce que Dr Monzée explique depuis 25 ans. Dès 1998, des chercheurs dénonçaient le manque de rigueur et la trop grande confiance que les parents et les intervenants accordent aux tests psychométriques (Swanson et al. 1998; Monzée, 2006, 2012, 2024). 

Ce n’est pas pour rien que l’INESSS – dans un document datant de 2019 – recommande une évaluation différentielle complète pour mener à un diagnostic différentiel mais, dans les faits, il ne mentionne pas les conditions psychosociales et médicales à explorer avant de suspecter la présence d’un TDAH. Or, le Collège des médecins et l’Ordre des psychologues refusent – malgré le rappel à l’ordre de l’Assemblée nationale en 2020 – de réviser leurs guidelines qui datent de 2000! Qu’attendent-ils? Sont-ils au service de la protection du public ou de la défense d’un modèle d’affaires lucratifs?

Voulant contribuer à la réflexion tant clinique qu’éthique, Joël Monzée a publié un nouvel article scientifique, révisés par les pairs, dans le Journal de l’European Society of Medicine pour offrir une synthèse des connaissances neurologiques et cliniques.

Un des problèmes, c’est que la médication semble marcher… un certain temps. Puis, on augmente la dose du principe actif, presque chaque année. On croyait que c’était dû à la croissance, mais on observe désormais le même problème chez les adultes. On sait aussi que les psychostimulants ne jouent pas sur le système d’attention, mais le système de récompense: cela permet une concentration sur des tâches peu enthousiasmantes et force le cerveau à maintenir un degré d’éveil perturbant le sommeil, altérant la croissance, modifiant la structures des os, etc. 

Cela ne veut pas dire que la médication doit être proscrite, mais qu’elle ne peut pas remplacer de saines habitudes de vie ou l’importance autant des facteurs de protection que les déterminants de la santé mentale. 

 

Ce nouvel article, publié en mars 2026 par Joël Monzée, réactualise un chapitre de livre qu’il avait rédigé en 2009 dans son livre « Neurosciences et psychothérapie » dans lequel il exposait les circuits neurologiques faisant émerger des comportements adaptés ou des troubles mentaux, mais aussi comment et pourquoi la psychothérapie devait être considérée pour permettre à la personne de recouvrer une part de plus en plus grande de son autonomie. Il a, par la suite, documenté l’importance d’effectuer des diagnostics différentiels (Ce que le cerveau a dans la tête, 2011; Neurosciences, psychothérapie et développement affectif de l’enfant, 2014). Dans ces textes, il expose les connaissances du modèle « top-down » (le cerveau commande) et les aspects psychosociaux.

Cet article poursuit la construction du modèle en psychiatrie intégrative en associant les déséquilibres métaboliques (modèle « bottom-up; les systèmes entérique et cardiorespiratoire modulent les comportements) et les enjeux de l’alliance thérapeutique, alors que la bienveillance du thérapeute et les limites claires facilitent l’amélioration du tableau clinique. La qualité du lien est garante de l’adoption de saines habitudes de vie et de l’adhésion au plan de traitement nécessaire pour inverser les symptômes ou, du moins, réduire leur fréquence et leur intensité. 

Signé par Joël Monzée, cet article propose des pistes de compréhension tant de l’évaluation diagnostique différentiée pour orienter le plan de traitement que l’importance d’une alliance thérapeutique optimale. 

En somme, la santé mentale ne doit pas être considérée comme une entité isolée, mais comme l’expression d’un déséquilibre pscychosocial, neurologique ou neurométabolique modulé par des mémoires traumatiques, des habitudes de vie et des choix, parfois inconscients, du patient. 

À l’instar de la santé intégrative, la psychiatrie intégrative remet le patient au coeur du processus thérapeutique pour favoriser une amélioration de sa condition de santé et son bien-être au quotidien 

 

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