Améliorer l’évaluation médicale des patients suspectés d’avoir un TDAH (article 2)

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On associe les symptômes du TDAH à un trouble neurodéveloppemental d'origine génétique. Signé par Anne-Isabelle Dionne et Joël Monzée, ce deuxième article dresse un bilan des connaissances actuelles en santé pour démontrer que, d'une part, l'hypothèse génétique est loin d'être démontrée et que, d'autre part, l'origine des symptômes peut avoir différentes causes métaboliques, nutritives ou médicales dont il faut tenir compte dans une évaluation complète avant de diagnostiquer un TDAH.

En complément d’un premier article traitant des conditions psychosociales explorant huit causes psychosociales pouvant expliquer les symptômes associés au TDAH, ce second article aborde les conditions métaboliques, environnementales, nutritives et médicales qu’un médecin doit envisager avant de diagnostiquer un éventuel trouble mental. Ces éléments sont d’autant plus importants que les tests psychométriques utilisés dans les cliniques de neuropsychologie ou les tests standardisés n’abordent aucunement ces aspects de la santé des jeunes et des moins jeunes.

En fait, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESS) a la mission d’orienter le travail des médecins en présentant des lignes directrices. Certes, il existe un document de référence publié par le Collège des médecins et l’Ordre des psychologues, mais il n’a jamais été révisé depuis 25 ans, et ce, malgré une demande formelle de l’Assemblée nationale du Québec dans un rapport publié en 2020, soit il y a cinq ans! 

Bien sûr, l’INESSS s’appuie sur un document datant de 2019 pour recommander une évaluation complète pour mener à un diagnostic différentiel mais, dans les faits, il ne mentionne pas les conditions psychosociales et médicales à explorer avant de suspecter la présence d’un TDAH qui est décrit comme un trouble neurodéveloppemental d’origine génétique. En 2024, il a estimé être en mesure de publié de nouvelles lignes directrices mais, un an plus tard, rien n’est disponible.

Voulant contribuer à la réflexion tant clinique qu’éthique, Anne-Isabelle Dionne et Joël Monzée ont publié deux articles, révisés par les pairs, dans le Journal de l’European Society of Medicine pour offrir une synthèse des connaissances scientifiques actuelles pour aider les médecins dans le processus diagnostic, mais aussi tempérer les conclusions des évaluations psychométriques effectuées par les psychologues, car elles ne tiennent que rarement compte des éléments décrits dans ces articles. Un premier article propose les pistes à considérer sur le plan psychosocial, alors que ce second s’adresse aux aspects médicaux et métaboliques, mais questionne aussi la théorie affirmant que les symptômes du TDAH sont uniquement dus à une problématique génétique.

 

Une bonne compréhension de l’origine des symptômes est essentielle pour assurer l’optimisation des traitements thérapeutiques. Cet article propose une réévaluation critique des comportements associés au trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité afin d’éviter le surdiagnostic et la surmédication observés au Québec. 

Ainsi, cet article explore les facteurs physiopathologiques, nutritionnels, environnementaux et comportementaux qui peuvent contribuer à l’émergence et à la persistance des symptômes du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité présenté comme un trouble neurodéveloppemental d’origine génétique. Il semble qu’en fait, les symptômes puissent refléter un déséquilibre multifactoriel, affectant la neurotransmission dopaminergique et noradrénergique. Cependant, il est important de tenir compte du rôle essentiel de la nutrition dans la synthèse des neurotransmetteurs, car les carences en acides aminés, vitamines, minéraux et acides gras essentiels peuvent altérer les fonctions exécutives et attentionnelles. 

Parmi les facteurs de vulnérabilité, il faut considérer les conséquences à long terme de la malnutrition infantile sur le fonctionnement cognitif. Dans une prise en charge thérapeutique optimale, il est donc nécessaire d’évaluer les symptômes du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité sur le continuum de dysfonction métabolique, associés à des conditions telles que la résistance à l’insuline, la fluctuation glycémique, l’obésité infantile et les troubles du microbiote intestinal. Ces déséquilibres affectent la neuroinflammation, la production d’énergie neuronale et la synthèse des neurotransmetteurs. En ce sens, il semble important d’évaluer le rôle du microbiote et de la perméabilité intestinale dans l’apparition des symptômes associés au trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, évoquant les régimes d’élimination et l’effet des colorants/additifs sur le comportement, en soulignant l’importance de personnaliser l’approche pour chacun. 

Enfin, les troubles respiratoires du sommeil chez les enfants, qui ont de multiples causes, sont également fréquents chez les enfants atteints d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et peuvent exacerber les symptômes neurocognitifs.

Signé par Anne-Isabelle Dionne et Joël Monzée, cet article propose des pistes d’évaluation pour assurer une orientation thérapeutique optimale. 

C’est ainsi qu’il est donc recommandé d’évaluer les facteurs nutritionnels, métaboliques, digestifs, respiratoires et environnementaux avant de poser un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et d’amorcer un traitement.

En somme, la santé mentale ne doit pas être considérée comme une entité isolée, mais comme l’expression d’un déséquilibre neurométabolique modulé par des habitudes de vie sur lesquelles il est possible d’agir efficacement.

 

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