VERS UNE RENAISSANCE DU SYSTÈME D’ENCADREMENT DES PROFESSIONNELS POUR FAVORISER LA SANTÉ INTÉGRATIVE

Rédigé par Joël Monzée et Jean-Yves Dionne, le document «Modernisation des ordres professionnels: de l’urgence de réguler adéquatement leur fonctionnement pour mieux protéger le public» présente une analyse critique du système professionnel québécois. Selon les auteurs, le système s’éloignerait de son objectif fondamental de protection du public, fonctionnant dorénavant comme une structure bureaucratique, caractérisée par une centralisation du pouvoir au sein des directions permanentes et des syndics dont l’action s’effectue sans contrôle externe.

Co-auteur avec Jean-Yves Dionne, Joël Monzée explique « nous nous sommes impliqués dans les débats entourant la modernisation des ordres professionnels, car nous avons constaté à maintes reprises que l’univers des processus disciplinaires est kafkaïen, alors que la violence institutionnelle est occultée. »

Le principal enjeu identifié est une tendance vers une forme de corporatisme, où la préservation de l’image institutionnelle et les privilèges priment sur la valorisation des compétences réelles et sur la santé mentale des professionnels.

La note expose un nombre important de situations dans lesquelles il est démontré que cette dérive est présente dans la plupart des ordres encadrant les professionnels de la santé. Cela apparaît clairement comme une atteinte à la mission des ordres qui, coincés dans des démarches technocratiques, ne peuvent plus défendre le public de manière adéquate.

Le document est actuellement sous embargo. « C’est intentionnel, explique le Dr Monzée, car la résistance à moderniser ces processus est farouche, car nombre de personnes fonctionnent ainsi depuis tellement d’années que, un peu comme la grenouille dans une marmite qui chauffe progressivement, elles ne comprennent pas le côté ubuesque de certaines situations abusives orchestrées par certains membres des bureaux du syndic. Il faut un serein courage pour oser s’attaquer à l’inacceptable quand tout le monde ferme les yeux pour protéger son confetti de pouvoir. »

Et d’ajouter, « vous savez, je dénonce depuis plusieurs années le manque de validité scientifique et clinique des tests psychométriques, alors que les parents paient de fortunes au lieu d’investir dans un support du développement de leur enfant. Conséquemment, le syndic m’enquête régulièrement comme moyen de pression pour me forcer au silence. Pourtant, une syndique-adjointe a reconnu, lors d’une de mes auditions, que mon analyse était adéquate. Ainsi, cela dérange un modèle d’affaires lucratifs. En 2022, le syndic y est allé de gestes d’intimidation physique, car je tenais bon avec mes arguments basés sur l’éthique professionnelle. Je suis solide, mais combien de professionnels ont été détruits dans ces processus! »

Le rapport, devenu un avis à la ministre Sonia Lebel, responsable des ordres professionnels, reste sous embargo. Joël Monzée conclut « la modernisation de la Loi est essentielle pour assurer une vraie protection du public, notamment en régulant les actions des syndics. Ce que j’ai vécu a été éprouvant, mais Jean-Yves et moi avons rencontré des dizaines de professionnels qui ont subi des actions inacceptables dans un pays démocratique. Il s’agit de la protection du Bien commun. »

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Contact :

Joël Monzée, Ph.D. – Docteur en neurosciences

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Courriel : [email protected]

L’Observatoire :

Un observatoire est un espace neutre proposant des analyses dénuées de conflits disciplinaires et corporatistes, tout en étant dégagés de l’emprise des lobbies du milieu industriel aussi nécessaire que parfois problématique au sein de la société civile. L’Observatoire du développement de l’enfant et de la famille souhaite contribuer à améliorer les stratégies éducatives, pédagogiques et thérapeutiques qui soutiennent le développement affectif et social des enfants et des adolescents, tout en oeuvrant au sein de la sphère politique pour renforcer la qualité de vie des familles.