Évaluation et diagnostics
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Les personnes qui souffrent d’une affection mentale ont besoin d’intervention éducative ou thérapeutique de manière à poursuivre leur vie société. L’utilisation des raccourcis diagnostiques établis dans les outils diagnostiques permet de développer un langage commun pour les professionnels de la santé, tout en offrant une direction thérapeutique pour planifier les interventions nécessaires. Dans le milieu scolaire, l’étape du diagnostic est importante pour les élèves. En effet, ce «sésame» ouvre l’accès aux aménagements adaptés et aux services psychopédagogiques nécessaires pour favoriser un meilleur apprentissage scolaire. Dans le milieu professionnel, le diagnostic permettra de recevoir le soutien financier nécessaire durant le congé de maladie ou lors de consultations médicales ou paramédicales.

ÉVALUATION DES SYMPTÔMES

Un diagnostic en matière de maladie mentale ne peut être dressé que par un médecin. Cependant, les professionnels de la santé sont de plus en plus habilités à effectuer une évaluation diagnostique des affections mentales pour guider leurs interventions professionnelles. Pour ce faire, il existe plusieurs outils diagnostiques permettant d’évaluer la sévérité des affections. L’outil actuellement le plus utilisé en Amérique du Nord est le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), dont la quatrième version révisée a été publiée en 2000.

Les Européens utilisent également la dixième version de la Classification internationale des maladies (CIM). Si ce dernier manuel ne dispose que d’un seul axe d’évaluation diagnostique, le DSM décrit les difficultés mentales selon cinq axes:

  1. les troubles et syndromes cliniques qui, pour certains professionnels de la santé, invitent à proposer des interventions urgentes;
  2. les troubles de la personnalité, pour les personnes de plus de 18 ans;
  3. les troubles médicaux concomitants;
  4. la sévérité des situations stressantes vécues récemment ou chroniquement;
  5. l’échelle de la qualité de l’inscription sociale. 

Par ailleurs, en mars 2013, l'Association canadienne de psychiatrie a rappelé à ses membres que la santé mentale ne se réduit pas à une série de symptômes identifiables à travers les critères du DSM. Pour ce fairel, l'Association invite tant les cliniciens que les autorités à revoir les protocoles d'accompagnement pour tenir compte de l'ensemble des facteurs de risques ou des opportunités de guérison qui remettent la personne au coeur du processus thérapeutique. 

DÉCODER LE SENS DU SYMPTÔME: UNE NÉCESSITÉ POUR INTERVENIR EFFICACEMENT

Il existe depuis l’été 2006 un nouvel outil diagnostique, le Psychodynamic Diagnostic Manual (PDM) qui utilise également les cinq axes qu’on vient de mentionner. Contrairement au DSM, le PDM envisage, sans nier la problématique et ses impacts, les troubles comme des adaptations au contexte de vie, plutôt que comme des maladies chroniques et des handicaps irréversibles sans médication. Dès lors, l’intérêt de cet outil pour les professionnels de la santé est double, qui plus est dans un contexte d’évaluation diagnostique chez l’enfant ou l’adolescent. D’abord, le PDM présente les affections mentales sous une forme dynamique, c'est-à-dire qu’il part du principe qu’en offrant une intervention adéquate à la personne, donc à l’enfant, la fréquence d’apparition des indices comportementaux tend à se réduire, voire disparaître si le sujet peut développer de saines habiletés relationnelles. Les interventions psychosociales ou psychothérapiques favorisant le développement du soi s’y trouvent ainsi encouragées comme directions cliniques à privilégier, avant ou parallèlement à la médicalisation. 

Ensuite, le PDM invite les professionnels de la santé à tenir compte des facteurs de stress (axe 4) et, surtout, à intervenir sur ces facteurs avant d’évaluer les indices comportementaux qui laissent suspecter la présence d’un TDAH (axe 1). Autrement dit, une évaluation diagnostique menée avec les critères du PDM devrait induire un nombre nettement inférieur d’enfants suspectés d’avoir un TDAH que la prévalence rapportée sur la base des critères d’inclusion du DSM et des tests neuropsychologiques qui lui sont associés. Cela permettrait en outre de mieux distinguer les comportements découlant d’un contexte compétitif de ceux qui seraient réellement pathologiques. La direction de l’intervention clinique sera, en ce sens, modifiée puisque les professionnels de la santé et de l’éducation disposeront d’une meilleure compréhension de l’origine des affections mentales, ainsi que le sens que celles-ci peuvent avoir pour le sujet.

Par exemple, un milieu familial dysfonctionnel, un divorce ou un deuil peuvent pousser l’enfant à adopter des comportements dérangeants, sans que ces conduites ne soient associées à une pathologie comme le suggère le DSM. Pour le PDM, les indices comportementaux traduiraient plutôt les difficultés à s'intégrer dans un contexte social, scolaire et familial qui ne peut pas répondre aux vrais besoins en termes de développement. L’intervention devrait donc prendre en compte prioritairement les éléments environnementaux. Ainsi, la perception même de ce que représente un diagnostic de trouble mental peut induire des distorsions dans la direction thérapeutique qui sera proposée à un patient. 

 

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