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Éthique en santé

Équipes de recherches

 

La recherche scientifique est un outil formidable que la société s'est donnée pour mieux comprendre la vie sur la terre ou dans l'espace, ainsi que pour améliorer la qualité de vie des êtres humains. Pourtant, les inégalités sociales n'ont probablement jamais été aussi importantes qu'actuellement, malgré l'accès à des connaissances sans cesse plus précises sur la Vie. Pire, certaines découvertes génèrent des contraintes supplémentaires en augmentant certaines inégalités, mais surtout les risques encourus naturellement par les citoyens, que ce soit au niveau de l'individu, d'une collectivité ou de l'environnement.

Dès lors, chaque avancée technologique se doit de s'accompagner d'une démarche réflexive sur les enjeux liés à l'utilisation de la recherche scientifique, que ce soit dans la commercialisation d'un produit innovateur ou dans l'utilisation d'une connaissance scientifique, parfois vulgarisée trop rapidement. En fait, ces questions présupposent que la recherche est soumise à des enjeux qui dépassent l'univers d'un laboratoire et qui concernent l'ensemble de la société. Les recherches décrites ci-dessous abordent différentes problématiques, tant au niveau de la pratique de la recherche et de la formation des jeunes chercheurs, qu’au niveau du transfert de connaissance et de l’utilisation des découvertes scientifiques.

Sujets de recherche 

 


Introduction à l'éthique biomédicale

Longtemps, la compréhension du corps humain s’est basée sur l’observation de plus en plus rigoureuse de l’anatomie humaine, dont la dissection post mortem était l’un des moyens privilégiés. Dans le courant du XIXe siècle, des médecins ont commencé à rapporter leurs observations sur les conséquences des blessures au cerveau dues à la guerre ou sur des chantiers de construction. Au fil du développement de la recherche biomédicale, des chercheurs sont arrivés en provenance d’autres disciplines scientifiques, sans avoir de repères déontologiques spécifiques. Bien sûr, une certaine éthique transpirait à travers la rigueur de la démarche expérimentale suivie par les chercheurs dans leur laboratoire. Cependant, il n’y avait aucune politique institutionnelle, jusqu'au milieu du XXe siècle, qui pouvait les aider à préciser leurs paradigmes de recherche tout en protégeant les sujets humains requis pour mener à bien ces expériences.

Les premiers textes régulateurs de la recherche en santé découlent, d’une part, du procès de Nuremberg (1947) où les nazis étaient jugés pour crimes contre l’humanité, notamment pour certaines de leurs recherches sur des sujets non consentants (prisonniers juifs, tziganes et communistes) et, d’autre part, de la publication de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) qui définissait clairement les droits et libertés des citoyens. Toutefois, ce n’est qu’à la fin des années soixante qu’une première réflexion majeure a été réclamée par les décideurs politiques. En effet, un médecin étasunien, H. K. Beecher, dénonça un certain nombre de paradigmes expérimentaux qui lui semblaient inacceptables en regard des droits des sujets humains utilisés lors des expérimentations.

Conséquemment, le National Institute of Health enquêta sur différentes situations problématiques: absence de consentement éclairé chez la plupart des sujets, inoculation du virus de l’hépatite chez des enfants ayant des déficiences mentales, injections de cellules cancéreuses à des personnes âgées, mauvaise évaluation des risques encourus par les sujets expérimentaux, etc. C’est à cette époque qu’une discipline réflexive est apparue : la « bioéthique ». Selon le philosophe G. Durand, l’arrivée de ce nouvel axe de réflexion éthique traduisait une préoccupation commune à la société et aux chercheurs. Cette vaste remise en question a donné naissance non seulement à un nouveau champ d’étude, mais aussi à une approche et une pratique nouvelles ainsi qu’à un mouvement socioculturel qui découlaient d’une modification de la perception des responsabilités de la science et de la société.

L’évolution de la perception de l’éthique dans les milieux scientifiques, comme au sein de la population, a donc généré l’obligation de mettre au service des chercheurs et des institutions des textes régulateurs balisant la pratique de la recherche. Ces textes se réactualisent afin de mieux protéger les citoyens en fonction des avancées technologiques ou des abus commis par certains acteurs de la recherche. Enfin, les institutions universitaires canadiennes se sont dotées récemment de politiques internes pour instituer les comités d’éthique de la recherche, qui se veulent garants des valeurs éthiques dans le processus de recherches sur des sujets humains. Cependant, ces comités manquent cruellement de moyens financiers et leurs membres ne jouent pas toujours un rôle exempt de critiques, fondées ou non.

De plus, les biotechnologies avancent à un rythme qu'aucun texte régulateur ne peut encadrer et certaines technologies (transgénèse, nanosciences, etc.) sont encore peu documentées quant aux effets néfastes qu'elles pourraient générer sur les collectivités. De plus, si la majorité des chercheurs dans le domaine de la santé restent soucieux des valeurs protégeant la dignité humaine, les enjeux socioéconomiques auxquels ils sont de plus en plus confrontés peuvent mettre leur jugement à l’épreuve et réduire les droits et libertés des citoyens: la recherche de l’innovation à commercialiser, la quête de fonds de recherche ou, simplement, le taux de publications sont deux vecteurs qui peuvent amener le chercheur à transgresser certaines valeurs sociétales et limiter la démarche éthique qui devrait guider leurs décisions.

Or, les pionniers de l'éthique sont en général issus des milieux de la recherche juridique, philosophique et théologique, alors que des groupes de pression s'emparent de certains enjeux d'une manière trop simplifiée en polarisant le débat et réclamant des moratoires dès qu'une nouvelle technologie apparaît. Par manque d'outils adaptés à leur réalité, certains chercheurs universitaires ou industriels considèrent l’éthique de la recherche comme une simple philosophie qui, parfois, contraignent leurs travaux de recherche ou encombre la démarche scientifique d'une lourdeur administrative, ce qui a pour effet de ralentir le processus de recherche et développement, dans un contexte économique qui, lui, ne ralentit pas.

D'autre part, les professionnels du milieu de la santé sont également à la recherche de repères éthiques dans une société occidentale se référant de plus en plus aux critères de performance qui tendent à déshumaniser les interventions médicales et paramédicales. Dès lors, plusieurs questionnements peuvent toucher les différentes sphères du milieu de la santé: l'utilisation des médicaments, le processus de recherche clinique, les essais effectués chez les enfants, la définition de certaines neuropsycho-pathologie, les techniques d'assistance à la fécondation, l'euthanasie, l'utilisation de cellules souches, etc. Ainsi, il s’agit d’aborder l’utilisation des résultats scientifiques quant à l’impact de ces connaissances sur notre représentation de l’être humain et de la Nature, de la normalité ou de l’expectative en fonction de l’utilisation actuelle ou prochaine des produits biotechnologiques.

 


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