Capture decran 2017 09 07 a 07.27.35Pour s’adapter, l’être humain a besoin d’un minimum de stress. Toutefois, il est de plus en plus difficile de gérer l'anxiété diffuse qui découle de l'accumulation des stresseurs dans nos vies. Il y a heureusement de l'espoir. Apprendre à prendre soin de soi devient une nécessité dans un monde de plus en plus centré sur les résultats!

Une lente maturation du cerveau

Le cerveau atteint sa pleine maturité vers 45 ans, du moins en ce qui concerne notre capacité d’adaptation et de gestion du stress ou de l’anxiété. Ce n’est pas par hasard que beaucoup d’entrepreneurs se lancent à leur compte dans la trentaine, voire vers 35-40 ans.

On a tôt fait de croire que les enfants s’adaptent. En fait, oui, ils finissent par s’adapter. Mais, à quel prix? Il n'est pas étonnant que de plus en plus de jeune soient en difficultés, car il est difficile de trouver les bonnes stratégies pour gérer l'anxiété diffuse dans laquelle ils se sentent continuellement pris. Nombre de comportements indésirables expriment leur difficulté du moment, voire chronique.

Ma grand-mère était titulaire de classe à 14 ans. Si ma fille faisait le même choix de métier, elle ne serait enseignante – sous probation – que à 23-24 ans! En l’espace de 80 ans, on a ajouté 10 années d’études supplémentaires. C’est ainsi dans la plupart des métiers.

Pourquoi? Parce que la société occidentale est devenue tellement complexe que les jeunes ont besoin de plus d’années de formation pour trouver une place au sein de leur communauté. Les demandes d'adaptation sont d'ailleurs de plus en plus déconnectées de la réalité humaine et des lois biologiques.

S'adapter aux stresseurs diffus

En fait, l’être humain a besoin d’un minimum de stress pour s'adapter, mais la vie perturbe de plus en plus nos capacités:

  • sans stress, nous n'avons alors pas les ressources nécessaires pour activer notre résilience;
  • trop de stress et c’est la panique qui risque de poindre le bout de son nez, voire le risque d’effondrement alors que les symptômes du burn out peuvent apparaître progressivement.

Il faut donc apprendre à bien gérer les stresseurs pour tempérer l'anxiété diffuse qu'ils occasionnent. Mais, prenons-nous le temps pour moduler ces effets? Est-ce qu'ils sont tels qu'il est de plus en plus difficile de les réguler? 

Ce n’est pas pour rien qu’un Québécois sur quatre consomme des antidépresseurs et que le taux d’enfants médicamentés pour s’adapter à la réalité scolaire s’accroît de 15% par année depuis 25 ans. La France et la Belgique ne sont pas en reste, puisque la consommation d’anxiolytiques y atteint des sommets.

Le taux de médication reflète la difficulté d'adaptation des personnes et la manière dont nous concevons la vie. Pour vous faire une idée sur la question, il y a le livre de Jean-Claude St-Onge «Tous fous?». Il explique notamment que:

«En 60 ans, le nombre de troubles mentaux répertoriés dans le DSM, la ‘bible’ des psychiatres, est passé de 60 à plus de 400, alors que la consommation de psychotropes a augmenté de 4 800 % aux États-Unis au cours des 26 dernières années.»

Même si on peut suspecter que l’industrie pharmaceutique y puise un large marché de consommateurs, il n’en reste pas moins que les êtres humains, des plus jeunes aux plus âgés, sont de plus en plus coincés dans des difficultés d’adaptation aux stresseurs diffus de notre société.

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Identifier les risques de rencontrer un cul-de-sac

Je vous invite à identifier les principaux symptômes annonciateurs d’une difficulté d’adaptation :

  1. les risques d’insomnie, avec une difficulté à relâcher la boucle de stress, ce qui vous maintient dans les stratégies défensives de mobilisation (et non d’endormissement);
  2. les risques d’insatisfaction au travail, alors que vous vous donnez corps et âme sans constater que vous atteignez les résultats escomptés;
  3. les risques de contracter de petits virus comme la « grippe », car votre système défensif étant toujours mobilisé augmente l’acidité de votre corps et le rend plus vulnérable aux virus;
  4. les risques de perdre toute forme de sensations de plaisir, car – même si vous êtes en mode « mobilisation » – votre système défensif maximise la partie reptilienne de votre cerveau et émousse toutes vos émotions de joie dépendantes de l’extérieur;
  1. les risques de « trous de mémoire », car vos principales mémoires sont dans le néocortex et il y a moins de nutriments qui s’y rendent, ce qui affecte la capacité de se remémorer ce dont vous avez besoin pour travailler ou socialiser;
  2. les risques de « dire tout ce que vous pensez, sans penser ce que vous dites », car le système nerveux reptilien et la boucle de stress vous conduisent à être plus irrités et moins prendre le temps de choisir les mots pour vous exprimer avec compassion et sérénité qui sont des fonctions dépendantes du néocortex;
  3. les risques de démobilisation, malgré les ressources défensives, car la vie est de plus en plus triste, le moral tombe dans les talons et vous perdez confiance en la vie, en votre entourage, en vous-mêmes…

Il y a de l’espoir

La gestion du stress devient donc un outil majeur pour éviter le cul de sac, mais sachez qu’il y a de l’espoir.

La capacité d’adaptation est dépendante de vos choix de vie. D’ailleurs, ces choix de vie sont à la base de la santé de votre cerveau, comme je vous l’explique dans la micro-formation gratuite «Les 7 clés pour un cerveau en santé» que vous avez peut-être déjà visionnée.

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Sachez que votre cerveau est programmé pour que vous soyez heureux. C’est une question de survie! Cela prend moins d’énergie pour être heureux que pour gérer la boucle de stress.

Pour activer nos ressources humaines, il est utile de privilégier des activités pour prendre soin de soi. Pas de manière égoïste ou capricieuse, non. Trouver le moyen de ralentir la boucle de stress pour que votre néocortex puisse reprendre un fonctionnement normal.

Somme toute : il est urgent d’apprendre à prendre soin de soi et d’apprendre à nos enfants et nos adolescents à prendre soin d’eux, malgré les réalités de la vie familiale, scolaire et professionnelle.

Je vous reviens dans une prochaine chronique avec des outils concrets. D'ici là, n'hésitez pas à communiquer avec nous, par courriel (Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) ou sous les vidéos que vous avez déjà sélectionner pour votre vidéothèque! Vos commentaires et vos questions guiderons les prochaines chroniques!

Joël Monzée
Docteur en neurosciences, psychothérapeute et psychomotricien
Professeur associé, département de psychiatrie, université de Sherbrooke

 

Aller plus loin:

  1. Formation en ligne sur la maîtrise de l’anxiété «Dis-moi ce qui t’inquiète, je serai là pour te soutenir» (138$ pour plus de 13 heures de formation + outils concrets; disponible 3 ans).
  2. Livres :

Joël Monzée, «J’ai juste besoin de votre attention», Éds Dauphin Blanc, 2016.

Jean-Claude St-Onge «Tous fous?», Éds ÉcoSociété, 2013.

  1. Sites web:

Mon site - https://joelmonzee.com/

Institut du développement de l'enfant et de la famille - https://institutdef.ca/

Oui à la Vie! - https://ouialavie.ca/

Un groupe sur Facebook pour soutenir les parents et les intervenants familiaux: https://www.facebook.com/groups/Soutenirlaviedefamille/

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Ressources en urgence

Si votre moral ne vous permets plus de remonter la pente, prenez soin de vous et appelez une ressource en urgence:

QUÉBEC: Centre de prévention: https://www.cpsquebec.ca/

FRANCE: Suicide écoute: https://suicideecoute.pads.fr/

BELGIQUE: Centre de prévention: https://www.preventionsuicide.be/

N'oubliez pas qu'il y a toujours de l'espoir!

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