Institut du développement de l'enfant et de la famille

Dans une récente chronique, je vous partageais à quel point je suis souvent étonné de constater le nombre de conflits entre les parents et les enseignants. Les solitudes s’affrontent. Continuellement. Souvent, ce sont des conflits dans lesquels il y a (au moins) une diva. Mais, ne perdez pas confiance, il y a de l'espoir...

Boy-Scouts et Divas

Alors que je partageais mon étonnement devant certains comportements, un de mes amis, Jean-Guy, philosophe de cœur et d’esprit, m’expliqua avec beaucoup d’empathie :

«tu sais, Joël, il y a deux formes d’êtres humains. Il y a les boy-scouts et les divas. Les boy-scouts font les choses pour le plus grand bien de tous. Ils se sacrifieront, si c’est nécessaire. Mais, ils sont aux prises avec des divas. Des personnes qui s’impliquent pour leurs besoins personnels et, le plus souvent, reprochent aux boy-scouts leurs propres travers!»

Quelque part, les boy-scouts sont des dauphins, alors que les divas sont les requins, mais aussi les dauphins déguisés en requin, comme l'explique la légende...

Pire, il y a les requins déguisés en dauphin. Ils sont doucereux et, manipulateurs subtils, ils développent deux formes de fonctionnement narcissique.

Et dans un monde qui encourage les comportements narcissiques tant des individus que des institutions, on n'est pas sorti du bois! Il est donc utile d'apprendre à les reconnaître! 

Il y a deux catégories de divas:

   - il y a les fameuses flamboyantes qui, consciemment ou non, s’activent comme Bianca Castafiore, Don Quichotte ou Tartuffe;

   - il y a les clowns pseudo-tristes, les victimes chroniques, les éternels malades, les Calimero de ce monde.

Ces derniers sont ceux qu’on détecte le moins facilement, car on donne trop d’importance aux narcissiques flamboyants. Ils sont pourtant les plus destructeurs, surtout en présence de dauphins, car ils imposent leurs fantasmes de manière subtile...

Les divas sèment la désolation

Au cœur de ces conflits créés par les divas pour réquisitionner l’attention, il y a des enfants et des adolescents ou des élèves et des étudiants, selon la posture que l’on prend. Celle du parent ou celle de l’intervenant. Les jeunes en souffrent, mais les adultes aussi à force de se faire mordre. 

Même une main tendue à l’un ou l’autre des belligérants peut être interprétée comme un geste d’agression, surtout par les divas qui, ainsi, renforcent leur idée qu’elles sont parfaites et que ce sont les autres qui ont un problème.

Combien de gens, petits et grands, ne sont pas ressorti du bureau d'un médecin avec un diagnostique psychiatrique et une prescription de psychotrope, alors que c'est leur environnement qui est toxique?

Dans son livre «Les Gens du mensonge», Scott Peck relatait trente années d’observations cliniques d’individus qui, des plus mielleux aux plus psychopathes, vont « tuer » autrui en le bombardant de reflets biaisés, souvent basés sur leurs propres errances, pour avoir le contrôle psychique sur leur entourage.

Ces dernières années, j’ai rencontré de nombreuses situations bien tristes durant ma pratique clinique. Elles illustrent le risque que représente un adulte qui n’a pas pris soin de ses blessures et qui reproduit l’inacceptable aux dépends des enfants.

Des fabriques de vêtements de requin

Dr Joel Monzee, neuroscientifiqueBien que cela soit moins fréquent que pour les intervenants des servives sociaux, cela m’arrive d’accompagner des enfants dont un de leur parent est une diva. Dans le livre «Dire oui à la vie», j’explore les impacts de ces expériences sur le devenir des jeunes et des moins jeunes.

L’aliénation parentale est très mal définie et aucune disposition juridique ne vient protéger les enfants. Le harcèlement et la violence psychologique sont déjà délicates à définir pour les adultes qui peuvent s’exprimer, alors que dire de ce que les enfants vivent dans les maisons ou les écoles.

Les services sociaux ferment alors les yeux, privilégiant le contact avec le parent tant qu’il n’y a pas de sévices physiques ou sexuels, alors que les écoles sont dégagées de toute responsabilité pour ne pas nuire aux « relations » entre les institutions.

Pourtant, les comportements désorganisés de l’enfant sont, dans ces cas-là, le reflet de la toxicité des principes éducatifs du parent en souffrance. Et la désorganisation durera tant et aussi longtemps que l’enfant ne fera pas, enfin, confiance à un adulte, pour se déposer et commencer à se construire indépendamment de l’univers dysfonctionnel de sa famille.

Il leur faudra du temps pour se dissocier des conséquences des actes de ses parents pour se trouver et briser le scénario de l’inacceptable. Sachez – avant de lire ces prochaines lignes – qu’il y a toujours de l’espoir, mais moins on fait de prévention, plus il faudra du temps pour la guérison. Ou alors, la médication deviendra incontournable.

Quelques tristes exemples…

Je me rappelle du petit Jimmy dont son père lui a dit un jour : «Va, tu ne fais plus partie de la famille, tu peux aller te suicider!».

Un père qui téléphone cinq fois, dix fois, par soir à ses enfants qui vivent chez son ex-conjointe et qui explose de colère lorsque les enfants ne répondent pas assez vite.

Un autre qui fait continuellement des promesses d’aller à la pêche avec ses enfants ou au terrain de sport pour les voir jouer, mais qui n’actualise jamais sa promesse.

Et que penser d’une mère qui dit à son fils «ton ami Michel ne peut pas venir jouer avec toi, car il s’est cassé le bras», pour qu’il reste auprès d’elle. Or, le lendemain, le fils rencontre par hasard Michel qui n’a jamais d’accident et encore moins de plâtre. Quelle confiance l’enfant peut-il encore porter à sa mère?

Et tous les «ex» qui se servent des enfants pour essayer d’affecter l’autre parent pour se venger de la séparation?

Et tous ceux qui hurlent sur les enfants ou qui les frappent, voire les attouchent dans les douches ou le lit?

Et ceux qui dépeignent l’autre parent avec des propos discriminatoires?

Dr Joel Monzee, neuroscientifiqueEt dans toutes ces maisons éclairées le soir tombant, combien d’enfants sont forcés de se parentaliser pour donner du sens à l’inacceptable qui est vécu dans la famille?

Pour ceux qui se souviennent de la série «La petite maison dans la prairie», on comprend la méchanceté de Nelly en fonction des comportements de sa diva-de-mère. Il faudra que, devenue adulte, Nelly mette clairement ses frontières pour qu’enfin le dauphin abandonne ses habits de requin, les habits que son requin-de-mère avait tellement contribuer à tisser...

Il y a de l’espoir

Notre besoin de relation et, surtout, de la reconnaissance des autres pour nous donner le droit d’exister va nous conduire à intégrer les nombreux reflets que les personnes qui nous sont chères vont émettre.

Enfant, on ne sait pas que la plupart de ces reflets sont altérés par les blessures affectives des adultes, alors on finit par s’identifier à ce qu’on dit de nous. C’est le processus d’introjection identitaire.

À la base, nous avons besoin de nous attacher et de nous identifier pour nous donner le droit d’exister, c’est l’espace relationnel qui tempère les angoisses existentielles, dont la peur de mourir ou de disparaître.

Si on n’y prend pas garde, il y a un risque certain de s’éloigner de soi. Mais, il est possible de se reprendre et de construire une vie saine et sereine... Dans les livres «Devenir Soi» et «Dire oui à la vie», nous nous employons à vous proposer des pistes…

Aider les enfants aux prises avec les divas

Vous voulez aider les jeunes à développer leurs ressources malgré les divas qui perturbent leur développement?

Rejoignez-moi dans l’une de ces formations :

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